Alimentation

Blanquefort face au défi d’une ville plus saine

Publié le 18 Septembre 2020
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Le nouveau guide est paru en mars 2020 © EHESP

Les villes agissent aujourd’hui pour la santé des habitants. De durable, on cherche à construire une ville plus saine. L’augmentation des maladies liées au mode de vie urbain ou périurbain replace cette question au cœur des préoccupations urbaines. Mais de quelle manière sont-elles de plus en plus actives sur ces enjeux ? Comment réconcilient-elles l’urbain et la santé ? Exemple avec la ville de Blanquefort, en Gironde.

La ville de Blanquefort, commune du nord de l’agglomération bordelaise a pour identité forte d’être aux deux tiers cernée par une grande étendue et diversité d’espaces naturels et agricoles. A Blanquefort, les deux dimensions santé et environnement ont jusqu’à présent été prises en compte de manière classique : la santé était gérée par le CCAS et l’environnement par la mission agenda 21. Des croisements sont apparus au fur et à mesure des actions initiées comme l’opération « cartable sain » avec l’association HSEN, l’entretien sain des bâtiments publics, la gestion des espaces vert en zéro pesticides (c’est désormais le cas du terrain de sport et les cimetières sont prévus pour 2021) ou encore l’alerte aux riverains par mail lors des épandages agricoles. « Aujourd’hui, nous ne sommes plus dans une politique des « petits pas », nous avons face à nous de vrais défis pour la ville. Nous les avons définis autour de trois axes : l’alimentation, le bien être, l’économie de nos ressources. Autre défi de taille : terminer la mandature avec une ville sans plastique. Lorsque nous avons relancé l’axe 2 de l’agenda 21 en 2019, nous avons identifié la santé environnementale non pas comme un objectif mais comme un enjeu transversal et un critère d’évaluation des actions mises en place. La ville durable doit favoriser le bien être et la santé, nous devons revenir à un équilibre » souligne Isabelle Maillé, adjointe au Développement Durable et à l’Agriculture à la Ville de Blanquefort.
L’alimentation : produire, s’approvisionner et consommer autrement.
Si pendant longtemps la planification urbaine ne s’est pas intéressée à l’alimentation, la ville de Blanquefort en a fait son fer de lance, ingrédient clé d’action et de transformation. Du champ de l’agriculteur ou du potager familial à la table du mangeur, en passant par la restauration collective, jusqu’au traitement des déchets, les différentes facettes de l’alimentation de la ville sont un puissant révélateur de sa dynamique. La ville est désormais perçue comme fertile, nutritive et porteuse de santé. Elle a pris le temps de travailler sur le développement et la pérennisation de son foncier d’espaces naturels et agricole avec la SAFER et la Chambre d’agriculture, en prenant soin d’encadrer et d’accompagner dans des conditions environnementales saines les nouvelles implantations, par exemple à travers le principe d’une couveuse maraîchère. « Si nous pouvons favoriser des implantations au sein de notre commune, les citoyens peuvent également être la source d’une agriculture urbaine partagée. Nous avons recréé du lien entre les habitants et la production agricole locale. Une ferme urbaine et culturelle a été réhabilitée dans une ancienne étable du 19ème siècle, La Vacherie, lieu phare de la ville et support pédagogique précieux » explique Isabelle Maillé. La Vacherie accueille un éleveur de brebis qui transforme et affine ses fromages et la ville y propose des animations et de nombreux projets autour de l’environnement, l’agriculture, la santé : atelier de cuisine, festival nature, marché de producteurs locaux, week-end « détox », atelier DIY en santé-environnement, formation au jardinage sans pesticides… D’autres actions concrètes comme l’introduction de critères (approvisionnement local de produits frais et de saison bio) dans le marché de la restauration collective sont désormais en place. « Il s’agit aujourd’hui de prendre des mesures fortes pour guider les citoyens. A chacun de réfléchir sur ses propres besoins, sa façon de vivre, de consommer, de se déplacer… A nous, élus de traduire ce rééquilibre pour nos villes » précise Isabelle Maillé.

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