Claire Moras et Henri Etcheber © Biotope Festival
Article/Interview

Biotope Festival : une table ronde sur les pollutions dans l’eau

« L’eau et les grands défis humains » était le thème retenu par l’équipe organisatrice de la seconde édition du Biotope Festival à Saint-Emilion (Gironde), fin octobre 2017. A cette occasion, Claire Moras, directrice de l’association Céseau et Henri Etcheber, chercheur au laboratoire EPOC du CNRS de Bordeaux, ont donné une conférence sur les enjeux de santé publique liés à l’eau.

Les grands défis planétaires liés à l’eau, introduits par une conférence croisée d’Eric Orsenna et Titouan Lamazou, étaient au cœur des débats du Biotope Festival (26-28 octobre 2017). Etaient également invités à cette 2ème édition des acteurs associatifs pour faire découvrir différentes initiatives (découverte des zones humides, eau et pesticides…) et des animations ou expositions ludiques pour faire comprendre à tous l’eau et ses enjeux.

Le thème de l’eau y était également traité à l’échelle locale, notamment à travers les pollutions, les dérèglements sur le territoire et les enjeux de santé publique. Une table ronde a réuni une trentaine de participants, dressant des constats accessibles au grand public.

Henri Etcheber est le coordinateur du programme scientifique ETIAGEETIAGEETude Intégrée de l'effet des Apports amont et locaux sur le fonctionnement de la Garonne Estuarienne,menée avec le laboratoire EPOC et l’Université de Bordeaux. (http://etiage.epoc.u-bordeaux1.fr ) (UMR CNRSCNRSCentre National de la Recherche Scientifique 5805 au laboratoire Environnements et Paléoenvironnements Océaniques et Continentaux-EPOCEPOCEnvironnements et Paléo environnements Océaniques et Continentaux), porté par l’Université de Bordeaux et l’IrsteaIrsteaInstitut national de recherche en sciences et technologies pour l'environnement et l'agriculture de Bordeaux. Le professeur a présenté les résultats de ses travaux, qui visaient à comprendre l’impact des rejets de l’agglomération bordelaise sur la Garonne estuarienne. Pesticides, métaux lourds, polychlorobiphényles (PCBPCBLes polychlorobiphényles (PCB) constituent une famille de 209 composés aromatiques organochlorés dérivés du biphényle industriellement synthétisé, proche des polychloroterphényles, polychlorodibenzo-furanes et des dioxines. Les PCB sont des substances très stables, résistantes au feu, isolantes électriques et très lentement biodégradables (de l’ordre de plusieurs dizaines d’années). En raison de ces propriétés, on les a fréquemment employées dans les transformateurs et condensateurs électriques, les encres d’imprimerie, les peintures, certains solvants, les adhésifs, les résines synthétiques, les cires, mais également comme agent dispersant, additif dans les huiles de coupe, produit de calfatage, lubrifiant.) et produits médicamenteux : on ne sait pas traiter ces polluants dans les stations d’épuration. Or, ils ont des effets sur les milieux aquatiques et participent au déséquilibre de l’écosystème.

« La présentation d’Henri Etcheber m’a permis de poursuivre sur la qualité de l’eau et les pollutions domestiques. Le sujet est d’ailleurs aujourd’hui au cœur du programme de recherche R.E.G.A.R.D.R.E.G.A.R.D.REduction et Gestion des micropolluAnts sur la métRopole borDelaise, qui ne se contente pas de scruter les molécules polluantes, mais passe aussi au crible nos comportements. Une part des rejets se fait depuis nos maisons et en tant que consommateurs, nous avons certes des habitudes mais également une responsabilité. C’est à nous de faire attention aux produits que nous utilisons au quotidien et qui sont rejetés dans le réseau d’eau et se retrouvent ensuite dans le milieu naturel, notamment… L’aspect sanitaire peut être un argument déclencheur des changements de comportement et j’ai senti une écoute plutôt positive. Pour nous, ce type d’intervention est toujours intéressant. Cela nous permet de sensibiliser des citoyens qui n’ont pas forcément conscience de leur rôle et de leur montrer qu’en modifiant certains gestes, ils peuvent agir sur l’environnement et, par conséquent, sur leur santé », précise Claire Moras, directrice du Céseau, une association dont l’objectif est la préservation de la ressource en eau souterraine en Nouvelle-Aquitaine.

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