L’étude a duré deux mois © Atmo NA
Article/Interview

Impact des bateaux de croisières sur la qualité de l’air à Bordeaux : bilan rassurant

Après deux mois de mesures en période de forte affluence des paquebots au port de la Lune de Bordeaux en Gironde, l’évaluation des niveaux d’exposition des populations riveraines à la pollution liée à leur présence est rassurante. L’étude révèle que ces bateaux ne représentent pas de sources majeures de pollution de l’air dans les quartiers aux abords du port, le trafic routier restant le principal responsable.

Suite aux inquiétudes et interrogations des riverains, gestionnaires et pouvoirs publics, sur les escales de paquebots maritimes dans son port, Bordeaux Métropole avait sollicité Atmo Nouvelle-Aquitaine pour réaliser une étude spécifique sur cette activité. Particules en suspension (PM10), oxydes d’azote (NOx) et dioxyde de soufre (SO2) : voici les trois polluants, émis notamment par les moteurs diesel des navires, mesurés sur douze points de prélèvement pendant la période avril-mai 2018. Ces mesures révèlent une influence « négligeable »  des paquebots maritimes sur les concentrations des trois polluants étudiés, sur la rive gauche comme sur la rive droite.

« Si la principale source directe de SO2 est le trafic maritime, les concentrations demeurent très faibles (0,39 μg/m3 en moyenne sur les mois d’avril et mai 2018). Les rares augmentations des concentrations en SO2 ont été notamment observées lors d’une arrivée à quai d’un paquebot maritime ou lors de son départ lorsque les vents provenaient d’un secteur nord/nord-est. Le maximum a atteint 146 μg/m3 en moyenne horaire le 11 avril 2018, une valeur très inférieure au seuil réglementaire fixé à 350μg/m3 en moyenne horaire. De plus, ce composé a été détecté quasi exclusivement sur la rive gauche de la Garonne » » lit-on dans le rapport.

Quant à l’oxyde d’azote, sa présence revient principalement au trafic routier car les concentrations sont fortement comparables aux concentrations enregistrées sur le site de fond urbain Grand Parc. En ce qui concerne les particules, la source principale d’émission s’est révélée être… les poussières de la place des Quinconces située à proximité. « En effet, par exemple, lors de la journée du 27 avril 2018, dominée par des vents de secteur sud-ouest, soit lorsque la station n’est pas exposée aux vents provenant des quais, la concentration moyenne journalière sur le Quai Louis XVIII a dépassé le seuil réglementaire de 50 μg/m3 (52 μg/m3). Au final, le trafic routier et le fond urbain sont les sources majoritaires influençant respectivement les concentrations en NOx et PM10 » conclut le rapport.

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