Autres

Le changement climatique a aussi un impact sur la santé

Publié le 22 Juillet 2016
A+ A-
Le plant d'ambroisie et l'éco-piège ont suscité de nombreuses réactions © GRAINE Aquitaine

Si les scénarios du changement climatique sont aujourd’hui bien connus et même prédictibles sur plusieurs années, ils ont aussi de nombreuses répercussions sur la santé humaine, parfois de manière détournée. Changement climatique : un zoom sur la santé environnementale était le sujet de la nouvelle conférence-débat dans le cadre des Matinées du jeudi, organisées par GRAINE Aquitaine et la DREAL Aquitaine Limousin Poitou-Charentes.

Pour animer cette Matinée du jeudi, destinée à un public large, trois intervenants étaient invités pour présenter les différents effets sur la santé et des solutions pour lutter et s’adapter au changement climatique. Sabine Hautreux, de l’Agence Régionale de Santé Aquitaine Limousin Poitou-Charentes, a commencé par dresser un panorama des impacts du changement climatique, tout en abordant leurs effets sanitaires.  « Des températures qui augmentent, cela signifie l’augmentation de concentration de polluants comme l’ozone, l’augmentation de la pression pollinique, l’augmentation de risques de transmission de maladies dus à des modifications de cycles, l’augmentation de la durée d’ensoleillement estival… Tous ces changements altèrent la qualité de l’air, de l’eau et peuvent avoir des effets sur un large spectre de pathologies respiratoires, allergiques, cardiovasculaires, cutanées, ou encore cancéreuses, selon les vulnérabilités individuelles. » Et de rappeler que « lors de l’épisode caniculaire de 2003, 15 000 décès supplémentaires ont été enregistrés en France.  Mais en en 2008, lors d’une nouvelle vague de chaleur, la mise en place du plan de prévention a prouvé son efficacité. »

Agir de manière préventive, c’est donc possible. Delphine Maurice, de la Direction Régionale de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement Aquitaine Limousin Poitou-Charentes (voir DREAL Nouvelle-Aquitaine), a rappelé le cadre du Plan National Santé Environnement 3, qui a identifié des enjeux relatifs notamment « aux pathologies en lien avec l’environnement », à la « connaissance des expositions » et à la « recherche en santé environnement ». « Les déclinaisons régionales du PRSE3 devraient être adoptées en septembre 2017 : deux dates (22 septembre à Bordeaux et 27 septembre 2016 à Poitiers) permettront de réfléchir à des pistes d’actions, avec les partenaires du territoire ».

Le troisième intervenant, Bruno Tudal est un expert indépendant en Biodiversité & Santé. Cet acteur de terrain est venu partager quelques exemples concrets d’adaptation à ces changements avec un plant d’ambroisie, fraîchement cueilli du côté de Bassens, et un éco-piège à chenilles processionnaires, suscitant l’intérêt du public. « Le pollen, responsable de réactions allergiques comme la rhinite, la conjonctivite ou l’asthme, coûte aujourd’hui 3 milliards d’euros par an à la Sécurité sociale et touchera 50 % de la population d’ici 2050. »

Alors comment agir ? En ce qui concerne par exemple la plantation d’arbres d’ornement, on peut réfléchir à d’autre choix d’espèces locales que les cyprès, bouleaux ou platanes. Concernant l’ambroisie, prenons l’exemple de la Dordogne qui a réussi à réduire la progression de cette plante hautement allergène, en modifiant simplement les périodes de fauche. Pour la chenille processionnaire qui avance vers le Nord d’environ 4 km par an, pourquoi ne pas installer des nids à mésanges (une famille mange 500 chenilles par jour !) et des éco-pièges qui ont prouvé leur efficacité ? Quant au moustique tigre, la campagne préventive 2016 de l’ARS Aquitaine Limousin Poitou-Charentes porte un message clair auprès du public : « Coupez l’eau au moustique! », pour supprimer les lieux de ponte.

Si agir contre le changement climatique est une urgence, c’est aussi l’opportunité de réfléchir à de nouveaux usages, de repenser les moyens de s’adapter. Un réel défi pour la santé publique.

Les articles suivants peuvent vous intéresser