Air extérieur

Pollution : un sondage révèle les paradoxes des Aquitains

Publié le 18 Mars 2016
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AIRAQ publie les résultats d'une première enquête d'opinion auprès de 800 Aquitains©AIRAQ

À l’occasion de la Journée nationale de la qualité de l’air du 25 septembre 2015, l’association de surveillance de la qualité de l’air en Aquitaine, AIRAQ, a publié, la veille, les résultats d’une première enquête d’opinion réalisée avec IPSOS auprès de 800 Aquitains. L’objectif ? Comprendre leur perception et leur niveau de connaissance et d’implication, mieux sensibiliser et impliquer les citoyens en faveur de la qualité de l’air. Si les résultats révèlent une préoccupation certaine de l’impact de l’air sur leur santé, quelques paradoxes sont également à noter…

78% des Aquitains se disent préoccupés par la qualité de l’air, et 42 % d’entre eux déclarent souffrir d’une affection liée à la pollution de l’air. Activités industrielles (77%), circulation routière (64%) et pratiques agricoles (50%) sont les trois sources majeures de pollution citées comme autant d’inquiétudes exprimées lors de l’enquête, oubliant ainsi qu’en Aquitaine, les particules fines cancérigènes sont émises à 48 % par les seules habitations, et notamment par le chauffage. « En hiver, par une journée de grand froid, jusqu’à 80 % des particules mesurées proviennent des feux de cheminée… » souligne-t-on à AIRAQ (voir Atmo Nouvelle-Aquitaine). Ils ne sont pourtant que 12% à considérer que les feux de cheminées, tant appréciés l’hiver, font partie des sources majeures de pollution…

Quant à la circulation routière, si elle est bel et bien identifiée comme source de pollution par les Aquitains, certains comportements ne sont pas encore acquis, notamment ceux liés à leur mobilité, laissant apparaître un certain paradoxe. Ainsi, seule une minorité d’Aquitains déclare pratiquer régulièrement le covoiturage (20 %), choisir un véhicule en fonction de ses émissions polluantes (30 %), ou encore utiliser les transports doux comme la marche ou le vélo… (30 %). Alors même qu’ils se disent majoritairement prêts à s’engager pour l’air et adoptent de nombreux autres éco-gestes quotidiens.

Autre erreur d’appréciation : les Aquitains dressent un portrait de l’évolution de la qualité de l’air bien plus pessimiste que les études ne le démontrent. Les trois quarts considèrent que « la qualité de l’air s’est dégradée ou stagne depuis dix ans ». Une idée reçue puisque les études montrent, au contraire, que la pollution de l’air est nettement moins forte qu’il y a dix ans avec un recul de 76 % de dioxyde de souffre (SO2), 29 % et  de 16 % de particules en suspension PM2,5 et PM10 ainsi qu’un recul de 20 % de dioxyde d’azote (NO2). En revanche, pour un Aquitain sur 3, les pics de pollution sont rares, voire inexistants… alors que 20 jours de pics de pollution sont répertoriés en moyenne chaque année par AIRAQ.

Si l’étude reflète un certain décalage des perceptions avec la réalité, elle laisse également apparaître un souhait : 73% ressentent le besoin d’information sur les questions liées à la qualité de l’air et notamment sur ses impacts, les bons gestes à adopter ou encore les sources de pollution. Au regard de ces résultats, il est clair que les missions de communication d’AIRAQ vont se renforcer. A noter que la campagne de sensibilisation La pollution nous pompe l’air qui a repris la route en octobre 2015 vers Dax (du 15 au 17, place de la Cathédrale), Périgueux (du 22 au 24, place Bugeaud) et Marmande (du 29 au 31, place Clémenceau).

6 portraits d’Aquitains interviewés : www.youtube.com

Site dédié à la campagne « La pollution nous pompe l’air ! J’agis avec AIRAQ ! » http://jagispourmonair.airaq.asso.fr/

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