Risques émergents

Au centre de démoustication de Bordeaux métropole, un objectif : sensibiliser

Publié le 11 Mars 2022
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Le centre sensibilise les élus et acteurs locaux à la destruction des gîtes larvaires.

Créé en janvier 2020 suite à la dissolution de l’Etablissement Interdépartemental pour la Démoustication du Littoral atlantique, le centre de démoustication de Bordeaux métropole se concentre sur la lutte anti-larvaire.
Sur les 28 communes de la métropole, son objectif est avant tout de sensibiliser les élus et les acteurs locaux, en luttant contre la prolifération de l’insecte à la source. Les explications de Christophe Courtin, chargé de la coordination du centre.

En Gironde, la lutte anti-moustique a été pilotée jusqu’en 2019 par le Conseil départemental, à travers l’Etablissement interdépartemental pour la démoustication du Littoral atlantique, qui comptait également la Charente-Maritime, la Vendée, la Loire-Atlantique et le Morbihan.

Le 1er janvier 2020, c’est donc le centre de démoustication qui a pris le relais de la lutte anti-moustique dans l’agglomération de Bordeaux. L’Agence Régionale de Santé assure, de son côté, la compétence de la lutte antivectorielle et la veille sanitaire.

Composé de 11 agents issus de l’ex EID, dont un responsable et le chargé de coordination, le centre de démoustication intervient sous convention avec les 28 communes de la métropole bordelaise. Son cadre d’intervention en terme de sensibilisation s’appuie sur l’objectif 1.2 du Contrat local de santé : “Lutter contre les espèces invasives qui sont des vecteurs potentiels de maladies”.

“Notre action est régie par cinq principes : une méthode d’intervention contre les larves qui vise à l’élimination progressive des gîtes, une connaissance approfondie du territoire de Bordeaux métropole, une action prioritaire sur le domaine public, la sensibilisation de la population et une régulation des populations de moustiques dans la durée”, explique Christophe Courtin. Basé à Ambarès-et-Lagrave, le centre a deux zones principales d’intervention : les zones humides et forestières dans le nord et dans le sud du département notamment, et les zones urbaines, où prolifère le « moustique tigre » (Aedes albopictus). “A partir des mois d’avril-mai, les larves éclosent dans les jardins. Notre action se concentre donc sur la sensibilisation des élus et acteurs locaux à la destruction des gîtes à ce moment-là, et même avant”, reprend Christophe Courtin.

Les agents ne peuvent plus se rendre directement chez les particuliers car le centre de démoustication ne s’appuie plus sur l’arrêté préfectoral qui régissait l’action de l’EID. “Or, comme le précise le chargé de coordination, 80% des gîtes larvaires se situent dans le domaine privé”. Pour s’adapter à ce nouveau cadre réglementaire, le centre de démoustication a changé de méthode. Une plateforme de signalement des gîtes larvaires a été ouverte en 2020 : “S’ils repèrent des larves dans leurs jardins, les particuliers peuvent le signaler et, alors, nous pouvons intervenir”, explique Christophe Courtin. En 2021, 1100 signalements ont ainsi été effectués, et 1300 en 2020, où la météo avait favorisé une plus grande prolifération.

Autre action concrète : une expérience menée actuellement à Talence vise à sensibiliser la population par le biais d’ambassadeurs de la lutte anti-moustique. Eux-mêmes formés par le centre de démoustication, les 110 ambassadeurs ont pour mission d’aller à la rencontre des particuliers afin de leur expliquer les bons gestes pour éviter la prolifération. Ils sont également équipés de pièges à larves.

Au sein des communes, en 2021, une sensibilisation a été réalisée dans 9 jardins familiaux, et 400 parcelles et une expertise a été apportée dans 152 écoles et crèches de la métropole. En effet, hormis la sensibilisation, le centre a également pour mission d’apporter une expertise et du conseil. “Nous favorisons la mise en réseau des acteurs en créant des partenariats pour coordonner la lutte. Par ailleurs, nous tentons de connaître plus finement la présence du « moustique tigre » sur notre territoire en la cartographiant en fonction des signalements que l’on reçoit”.

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