On suite les grands bonds d'Albo, d'aire en aire © Claire Gras
Article/Interview

Un « one man show » insolite pour tout comprendre sur le moustique tigre

Comment Aedes albopictus, alias le moustique-tigre, résiste-t-il ? Comment gagne-t-il chaque jour davantage de terrain ? Dans le cadre de FACTS, le festival Arts et Sciences de l’Université de Bordeaux, Frédéric Ferrer, comédien-géographe, a proposé en novembre 2017 une conférence insolite et drôle, sur l’arrivée du moustique tigre porteur de la dengue et du chikungunya en France et sur sa « déterritorialisation ».

Unique en son genre, le festival FACTS (Festival Arts Créativité Technologies Sciences) est une biennale dont le but est d’explorer différentes facettes de la relation entre les arts et les sciences. Mis en place par l’Université de Bordeaux dans le cadre de l’Initiative d’excellence, il a pour objectif de promouvoir la créativité sur le site bordelais et de favoriser la collaboration entre les artistes et les chercheurs. Pour sa deuxième édition, le festival a permis à 19 artistes et 23 chercheurs d’oser mêler théâtre et neurosciences, musique et robotique, jonglage et drones, danse et anthropologie, archéologie, informatique et arts visuels. Frédéric Ferrer, comédien et géographe, était invité à présenter son spectacle le 24 novembre à l’Amphithéâtre Duguit à Bordeaux, « Les déterritorialisations du vecteur », en co-réalisation avec le Carré-Colonnes, scène de la métropole bordelaise.

Issue d’une collaboration avec des scientifiques de l’Institut de Recherche sur le Développement (IRD de Montpellier) et de l’Entente Interdépartementale de Démoustication (EIDEIDEtablissement Interdépartemental pour la Démoustication du Littoral Atlantique.-Méditerranée), la conférence propose un point de vue décalé et éclairé sur la migration du moustique tigre depuis quelques décennies, venu d’Asie, vers les littoraux méditerranéens, jusqu’à s’installer aux terrasses des cafés de la région. Frédéric Ferrer mène l’enquête, s’intéresse à la façon de se reproduire du petit Albo, à ses compétences vectoriellescompétences vectoriellesAptitudes à s'infecter sur un hôte vertébré, à assurer le développement d'un agent infectieux et à transmettre cet agent à un autre hôte., à une entreprise asiatique de pneus, parle des frontières, des « grands bonds d’Albo » d’aire d’autoroute en aire d’autoroute, des pesticides, des astuces de ce petit malin pour voyager… Et pour finir, il s’attarde sur l’inutile guerre des creux dans lesquels il se niche, pour se débarrasser de lui. Bref, il tente de comprendre et d’expliquer à sa façon comment et pourquoi le petit Albo s’est adapté et a réussi à coloniser 77 pays dans le monde.

C’est drôle, très structuré, ponctué de diaporamas, photos, vidéos, définitions philosophiques et scientifiques. C’est inquiétant aussi : une fois la cartographie terminée, on comprend qu’on ne viendra jamais à bout d’Aedes albopictus, avec une tendresse amusée. Parce que notre petit Albo se déterritorialise sans cesse. Il aime les humains, alors il les suit partout…

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